La dépression chez l’enfant

La dépression n’est pas réservée aux adultes. Les enfants aussi peuvent traverser une souffrance psychique profonde, même si celle-ci s’exprime souvent autrement que chez les plus grands. Pour un parent, comprendre ce qui se joue peut aider à réagir tôt et à soutenir son enfant avec justesse.

La dépression chez l’enfant : de quoi s’agit-il ?

La dépression chez l’enfant est un trouble de l’humeur qui se manifeste par une tristesse persistante, une perte d’intérêt, une fatigue importante ou encore des difficultés émotionnelles et corporelles qui durent plusieurs semaines. Ce n’est pas un simple passage à vide. C’est un état qui perturbe le quotidien, les apprentissages, les relations avec les autres et parfois même le développement global.

Comment se manifeste-t-elle ?

Les enfants ne savent pas toujours verbaliser ce qu’ils ressentent. Leurs comportements, leur attitude corporelle ou leurs réactions deviennent souvent les premiers signaux à observer.

Sur le plan émotionnel, l’enfant peut paraître souvent triste ou se montrer irritable sans raison apparente. Il peut aussi perdre l’envie de jouer, se sentir “nul” ou se dévaloriser facilement. Dans le comportement quotidien, on observe parfois davantage d’isolement, une baisse d’énergie, une fatigue inhabituelle ou des troubles du sommeil et de l’appétit. L’enfant peut aussi avoir du mal à se concentrer ou à garder sa motivation à l’école.

Le corps exprime également beaucoup de choses. Le psychomotricien est bien placé pour observer ce langage corporel : tensions musculaires, agitation ou au contraire ralentissement, maladresse, douleurs diffuses (ventre, tête) ou encore difficultés à réguler le tonus et les émotions. Quand les mots manquent, le corps parle.

Quelles sont les causes possibles ?

La dépression infantile n’a pas une seule cause. Elle résulte souvent d’une combinaison de facteurs. Des événements difficiles comme une séparation, un deuil ou du harcèlement peuvent jouer un rôle. Un climat familial tendu, des difficultés scolaires, une pression importante ou un tempérament très sensible peuvent également contribuer à fragiliser l’enfant. Des troubles déjà présents, comme un TDAH, un TSA ou certains troubles des apprentissages, peuvent augmenter la vulnérabilité émotionnelle. Dans tous les cas, l’enfant n’est jamais responsable de ce qu’il traverse.

L’apport du psychomotricien

La psychomotricité propose une approche globale. Elle considère que le corps, les émotions, la pensée et la relation sont intimement liés.

Pour un enfant en dépression, le travail psychomoteur permet de retrouver progressivement le plaisir d’agir, de mieux ressentir son corps, de restaurer la confiance en soi et de réguler les tensions internes. Le jeu, la relaxation, les activités d’expression corporelle ou les parcours moteurs deviennent des supports pour apaiser, relancer la dynamique d’action et offrir un espace sécurisant où l’enfant peut s’exprimer autrement que par les mots.

Cette approche met souvent en lumière des signaux que l’enfant ne sait pas expliciter lui-même. Elle l’aide à se reconnecter à ses sensations, à ses émotions et à ses capacités.

Comment les parents peuvent-ils aider ?

Le rôle des parents est essentiel. Même de petites actions contribuent au mieux-être de l’enfant. Créer un climat sécurisant est un premier pas important : accueillir les émotions, rassurer sans minimiser, maintenir des routines stables. L’enfant doit sentir qu’il peut être lui-même sans jugement, même dans ses moments difficiles. La communication peut aussi passer par le jeu, le dessin ou des moments partagés tranquilles. L’essentiel est de rester disponible et ouvert, sans forcer l’enfant à parler s’il n’en a pas envie.

Proposer des activités simples et valoriser les petites réussites stimule le plaisir d’agir. À l’inverse, réduire la pression — scolaire, sportive ou émotionnelle — permet souvent d’apaiser la situation. Il est également important de rester attentif aux signaux plus préoccupants, comme un isolement marqué, des propos très dévalorisants ou des comportements auto-agressifs. Dans ce cas, demander un avis professionnel est indispensable.

À retenir

La dépression chez l’enfant est une réalité, mais elle se prend en charge efficacement. Avec de l’écoute, du repérage précoce et des accompagnements adaptés — dont la psychomotricité —, l’enfant peut retrouver le plaisir du jeu, du mouvement, du lien et de la vie quotidienne. Demander de l’aide n’est pas un aveu d’échec. C’est une démarche protectrice qui montre à l’enfant qu’il n’est pas seul.

Marion Bonvarlet

Depression is not limited to adults. Children, too, can experience deep psychological suffering, even if it often shows up differently than it does in older individuals. For a parent, understanding what is happening can help them react early and support their child appropriately.

Childhood depression: what is it?

Childhood depression is a mood disorder that manifests as persistent sadness, loss of interest, significant fatigue, or emotional and physical difficulties lasting several weeks. It is not just a temporary low. It is a state that disrupts daily life, learning, relationships with others, and sometimes even overall development.

How does it manifest?

Children do not always know how to put their feelings into words. Their behaviors, body language, or reactions often become the first warning signs to notice.

On an emotional level, the child may often seem sad or irritable without any obvious reason. They may lose the desire to play, feel “worthless,” or easily put themselves down. In daily behavior, one may notice increased withdrawal, low energy, unusual fatigue, or sleep and appetite disturbances. The child may also have trouble concentrating or staying motivated at school.

The body also expresses a great deal. Psychomotor therapists are well placed to observe this bodily language: muscle tension, restlessness or, on the contrary, slowing down, clumsiness, diffuse pains (stomach, head), or difficulties regulating muscle tone and emotions. When words are missing, the body speaks.

What are the possible causes?

Childhood depression does not have a single cause. It often results from a combination of factors. Difficult events such as separation, bereavement, or bullying can play a role. A tense family atmosphere, school difficulties, significant pressure, or a very sensitive temperament can also contribute to making a child more vulnerable. Existing conditions such as ADHD, ASD, or certain learning disorders can increase emotional fragility. In all cases, the child is never responsible for what they are going through.

The role of the psychomotor therapist

Psychomotricity offers a holistic approach. It considers that the body, emotions, thoughts, and relationships are deeply interconnected.

For a child experiencing depression, psychomotor therapy helps gradually restore the pleasure of acting, improve body awareness, rebuild self-confidence, and regulate internal tensions. Play, relaxation, body expression activities, or motor circuits become tools to soothe, restart action dynamics, and offer a safe space where the child can express themselves in ways other than words.

This approach often highlights signals the child is unable to verbalize. It helps them reconnect with their sensations, emotions, and abilities.

How can parents help?

The role of parents is essential. Even small actions contribute to the child’s well-being. Creating a safe and reassuring environment is an important first step: welcoming emotions, comforting without minimizing, and maintaining stable routines. The child must feel they can be themselves without judgment, even in difficult moments. Communication can also happen through play, drawing, or quiet shared moments. The key is to remain available and open, without forcing the child to talk if they don’t feel like it.

Offering simple activities and celebrating small successes encourages the joy of doing. Conversely, reducing pressure—academic, athletic, or emotional—often helps ease the situation. It is also important to stay attentive to more worrying signs, such as pronounced isolation, very negative self-talk, or self-harming behaviors. In such cases, seeking professional advice is essential.

To remember

Childhood depression is real, but it can be effectively addressed. With attentive listening, early identification, and appropriate support — including psychomotor therapy — the child can rediscover the pleasure of play, movement, connection, and daily life. Asking for help is not a sign of failure. It is a protective step that shows the child they are not alone.

Marion Bonvarlet

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