La peur chez l’enfant

La peur fait partie intégrante du développement de l’enfant. Loin d’être uniquement un trouble ou un obstacle, elle constitue une émotion adaptative, nécessaire à la construction psychique, corporelle et relationnelle. En psychomotricité, la peur est comprise comme une expérience globale, mobilisant le corps, les émotions, la cognition et la relation à l’autre.

1. Qu’est-ce que la peur ?

La peur est une émotion primaire, présente dès la naissance. Elle apparaît face à un danger réel ou perçu et déclenche des réactions corporelles automatiques telles que l’accélération du rythme cardiaque, les tensions musculaires, l’immobilité ou l’agitation.

Du point de vue psychomoteur, la peur est avant tout une expérience corporelle avant d’être pensée ou verbalisée par l’enfant.

2. Les grandes étapes du développement de la peur chez l’enfant

Chez le nourrisson (0–1 an)

Les premières peurs sont liées aux sensations corporelles brusques, comme les bruits forts ou les pertes d’appui, ainsi qu’à la séparation, notamment l’angoisse du huitième mois. Le nourrisson exprime la peur par le corps : pleurs, raideur, crispation. Il dépend de l’adulte pour réguler cette émotion.

Chez le jeune enfant (1–3 ans)

Les peurs concernent davantage la perte de contrôle corporel, l’inconnu et certaines expériences motrices comme la hauteur, la vitesse ou le déséquilibre. Le développement de la motricité permet à l’enfant de tester ses limites, mais ces explorations peuvent générer de la peur lorsque le sentiment de sécurité interne est fragile.

Chez l’enfant d’âge préscolaire (3–6 ans)

Les peurs deviennent plus symboliques, avec l’apparition de la peur du noir, des monstres ou des personnages imaginaires. Elles traduisent le développement de l’imaginaire et la difficulté à différencier le réel du fantasme. Le corps reste fortement impliqué, notamment par l’agitation, l’évitement ou des troubles du sommeil.

Chez l’enfant d’âge scolaire (6–10 ans)

Les peurs s’orientent vers la peur de l’échec, du jugement et des performances scolaires ou sociales. Elles sont souvent moins exprimées de manière visible, mais peuvent se manifester par des tensions corporelles, une inhibition motrice, une fatigabilité ou des troubles psychosomatiques.

3. Le rôle du corps dans la construction de la peur

En psychomotricité, la peur est indissociable du schéma corporel, du tonus et du sentiment de sécurité interne. Un enfant dont le corps est bien investi et sécurisé aura davantage de ressources pour reconnaître la peur, l’exprimer et la dépasser. À l’inverse, des expériences corporelles insécurisantes peuvent fragiliser la régulation émotionnelle.

4. Peur, motricité et sécurité affective

La peur se développe dans l’interaction entre les capacités motrices de l’enfant, son environnement et la qualité de l’accompagnement adulte. Un adulte contenant, rassurant et ajusté permet à l’enfant de transformer la peur en expérience maîtrisable, favorisant ainsi la confiance corporelle et l’autonomie.

5. Quand la peur devient envahissante

La peur devient préoccupante lorsqu’elle entrave les explorations motrices, limite les apprentissages, provoque un évitement important ou persiste au-delà des étapes développementales attendues. Une prise en charge psychomotrice peut alors aider l’enfant à réinvestir son corps, à retrouver du plaisir dans le mouvement et à renforcer son sentiment de sécurité.

6. L’accompagnement psychomoteur de la peur

Le psychomotricien propose un cadre sécurisant dans lequel l’enfant peut vivre des expériences corporelles ajustées, expérimenter le risque de manière contenue et mettre en mots ses ressentis. L’accompagnement respecte le rythme de l’enfant et vise à transformer la peur en ressource pour grandir.

Conclusion

La peur est une étape normale et nécessaire du développement de l’enfant. En psychomotricité, elle est envisagée comme un signal corporel et émotionnel, révélateur du lien entre le corps, le psychisme et l’environnement. Accompagnée avec bienveillance, la peur devient un levier de maturation, d’autonomie et de confiance.

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Fear is an integral part of a child’s development. Far from being merely a disorder or an obstacle, it is an adaptive emotion, essential to psychological, bodily, and relational construction. In psychomotor practice, fear is understood as a global experience, involving the body, emotions, cognition, and relationships.

1. What Is Fear?

Fear is a primary emotion, present from birth. It arises in response to a real or perceived danger and triggers automatic bodily reactions such as increased heart rate, muscle tension, immobility, or agitation.

From a psychomotor perspective, fear is first and foremost a bodily experience before it becomes something the child can think about or verbalize.

2. The Main Stages in the Development of Fear in Children

In Infancy (0–1 year)

Early fears are linked to sudden sensory experiences, such as loud noises or loss of support, as well as separation, particularly the eight-month anxiety. The infant expresses fear through the body: crying, stiffness, and tension. The infant relies entirely on the adult to regulate this emotion.

In Early Childhood (1–3 years)

Fears are often related to loss of bodily control, unfamiliar situations, and certain motor experiences such as height, speed, or imbalance. The development of motor skills allows the child to test limits, but these explorations may generate fear when the sense of internal security is fragile.

In the Preschool Years (3–6 years)

Fears become more symbolic, including fear of the dark, monsters, or imaginary characters. These fears reflect the development of imagination and the difficulty in distinguishing reality from fantasy. The body remains strongly involved, through agitation, avoidance behaviors, or sleep disturbances.

In School-Age Children (6–10 years)

Fears tend to shift toward fear of failure, judgment, and academic or social performance. They are often less visibly expressed but may appear through bodily tension, motor inhibition, fatigue, or psychosomatic symptoms.

3. The Role of the Body in the Construction of Fear

In psychomotor practice, fear is inseparable from the body schema, muscle tone, and the sense of internal security. A child who feels secure and well-invested in their body will have more resources to recognize fear, express it, and overcome it. Conversely, insecure bodily experiences may weaken emotional regulation.

4. Fear, Motor Development, and Emotional Security

Fear develops through the interaction between the child’s motor abilities, their environment, and the quality of adult support. A containing, reassuring, and attuned adult helps the child transform fear into a manageable experience, thereby fostering bodily confidence and autonomy.

5. When Fear Becomes Overwhelming

Fear becomes concerning when it interferes with motor exploration, limits learning, leads to significant avoidance, or persists beyond expected developmental stages. In such cases, psychomotor therapy can help the child reinvest their body, rediscover pleasure in movement, and strengthen their sense of security.

6. Psychomotor Support for Fear

The psychomotor therapist offers a secure framework in which the child can experience adjusted bodily activities, explore risk in a contained way, and put words to their sensations and emotions. The work respects the child’s rhythm and aims to transform fear into a resource for growth.

Conclusion

Fear is a normal and necessary stage in a child’s development. In psychomotor practice, it is understood as a bodily and emotional signal, revealing the link between the body, the psyche, and the environment. When supported with care and attunement, fear becomes a lever for maturation, autonomy, and confidence.

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