La peur de l’échec

Dans notre société où la performance est souvent mise en avant, l’échec est encore trop fréquemment perçu comme une faute, une limite, voire une honte. Pourtant, en tant que psychomotriciennes, nous constatons chaque jour combien les enfants ont besoin d’échouer… pour grandir. L’échec n’est pas une fin en soi, mais une étape précieuse du processus d’apprentissage. Il témoigne d’un essai, d’une prise de risque, d’un élan vers le « faire autrement ».

Lorsqu’un enfant tombe en apprenant à faire du vélo ou se trompe en construisant un puzzle, ce sont autant d’occasions pour lui d’ajuster ses gestes, de développer sa persévérance, de comprendre ce qui fonctionne ou non. L’important est de valoriser les réussites, bien sûr, mais aussi les initiatives et les tentatives, même infructueuses, en évitant de dramatiser les erreurs.

En dédramatisant l’échec, en valorisant les efforts fournis et en accompagnant la recherche de solutions, nous renforçons la confiance en soi de l’enfant. Permettre à son enfant d’échouer, c’est lui offrir la chance de recommencer, de se dépasser, d’innover, de se construire. L’échec devient alors une richesse : celle de l’expérience, de la réflexion et de la progression.

Ce constat s’applique aussi aux parents. On ne naît pas parent avec toutes les clés en main. Échouer, prendre de mauvaises décisions, tâtonner : cela fait aussi partie de l’apprentissage parental. Comme pour les enfants, chaque erreur est une occasion d’ajuster, de comprendre ce qui a fonctionné ou non, et d’adapter autrement la prochaine fois.

Margaux Gaudin

In our society, where performance is often emphasized, failure is still too frequently seen as a fault, a limitation, or even a source of shame. And yet, as psychomotor therapists, we observe every day how much children need to fail… in order to grow. Failure is not an end in itself, but a valuable stage in the learning process. It reflects an attempt, a willingness to take risks, a push toward doing things differently.

When a child falls while learning to ride a bike or makes a mistake while building a puzzle, these are all opportunities to adjust their movements, develop perseverance, and understand what works and what doesn’t. What matters is to value success, of course—but also to appreciate initiative and attempts, even unsuccessful ones, while avoiding dramatizing mistakes.

By normalizing failure, recognizing the effort involved, and supporting the search for solutions, we help strengthen a child’s self-confidence. Allowing a child to fail is giving them the chance to try again, to push their limits, to innovate, and to grow. Failure then becomes a source of richness: that of experience, reflection, and progress.

This reality applies to parents as well. We are not born knowing how to parent with all the answers. Failing, making wrong decisions, and groping our way through challenges are also part of the parenting journey. As with children, each mistake is an opportunity to adjust, to understand what worked or didn’t, and to approach things differently next time.

Margaux Gaudin