Tous les parents souhaitent faire au mieux pour leur enfant. Lorsqu’il est anxieux, se met facilement en colère ou rencontre des difficultés dans certaines situations, il est naturel de chercher à lui éviter ce qui le fait souffrir. Adapter le quotidien, anticiper une situation difficile ou faire certaines choses à sa place peut alors sembler être la meilleure solution. Lorsque ces adaptations deviennent très nombreuses et sont principalement motivées par la peur d’une crise ou d’une réaction de l’enfant, on peut parler d’hyper-accommodation.
L’accommodation désigne les comportements qu’un parent met en place pour aider son enfant à faire face à une difficulté. Elle peut être présente dans différents troubles anxieux, mais aussi dans les troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Elle devient problématique lorsque la famille finit par organiser son quotidien autour des difficultés de l’enfant : éviter certaines sorties, modifier les habitudes, renoncer à des activités ou répondre systématiquement à certaines demandes pour prévenir une crise. Le parent peut alors avoir le sentiment de « marcher sur des œufs ».
Sur le moment, ces adaptations permettent souvent d’apaiser la situation. Mais à plus long terme, elles peuvent renforcer le mécanisme d’évitement. Un enfant qui n’a jamais l’occasion d’affronter une situation qui lui fait peur ne peut pas découvrir qu’il est capable de la traverser. Il reste ainsi dépendant des adaptations de son entourage et développe moins progressivement son sentiment de compétence et son autonomie. La peur peut même finir par se déplacer vers d’autres situations ou concerner des choses de plus en plus banales.
L’hyper-accommodation peut également avoir un coût pour les parents et la fratrie : renoncements, fatigue, isolement, sentiment de culpabilité ou impression que toute la vie familiale tourne autour des difficultés de l’enfant. Il est donc important de distinguer ce que l’on fait par choix éducatif de ce que l’on fait par peur de la réaction de son enfant.
L’objectif n’est évidemment pas de laisser l’enfant seul face à ses difficultés ni de le confronter brutalement à ce qui lui fait peur. Il s’agit plutôt de changer progressivement de position : se placer à côté de l’enfant face à l’obstacle, et non entre l’enfant et l’obstacle. « Je vois que tu as peur, je reste avec toi et nous allons trouver comment tu peux y arriver » soutient davantage son autonomie que « Je vais le faire à ta place pour que tu n’aies pas à le faire ».
Accompagner son enfant, ce n’est donc pas supprimer tous les obstacles sur son chemin. C’est lui offrir suffisamment de sécurité pour qu’il puisse progressivement apprendre à les franchir. Et parfois, la manière la plus aidante de le protéger consiste justement à lui permettre de découvrir, à son rythme, qu’il est capable de faire face à ce qui lui semble difficile.
Margaux Gaudin

All parents want to do what is best for their child. When a child is anxious, gets angry easily, or struggles in certain situations, it is natural to want to protect them from anything that causes them distress. Adapting daily routines, anticipating difficult situations, or doing certain things for them may seem like the best solution. When these adaptations become very frequent and are mainly driven by fear of a meltdown or the child’s reaction, this can be described as family accommodation, or over-accommodation.
Accommodation refers to the behaviours parents adopt to help their child cope with a difficulty. It can occur in various anxiety disorders, as well as in obsessive-compulsive disorder (OCD). It becomes problematic when the family starts organising its daily life around the child’s difficulties: avoiding certain outings, changing routines, giving up activities, or systematically complying with certain requests to prevent a meltdown. Parents may then feel as though they are constantly “walking on eggshells”.
In the short term, these adaptations often help calm the situation. However, in the longer term, they can reinforce avoidance behaviours. A child who never has the opportunity to face a situation they fear cannot discover that they are capable of getting through it. They therefore remain dependent on the adaptations made by those around them and have fewer opportunities to gradually develop a sense of competence and independence. Their fears may even spread to other situations or begin to affect increasingly ordinary aspects of daily life.
Over-accommodation can also take a toll on parents and siblings: sacrifices, exhaustion, isolation, feelings of guilt, or the sense that the entire family’s life revolves around the child’s difficulties. It is therefore important to distinguish between what we do as a conscious parenting choice and what we do out of fear of our child’s reaction.
The aim is certainly not to leave the child alone to deal with their difficulties or to expose them abruptly to what they fear. Rather, it is about gradually changing our position: standing alongside the child as they face the obstacle, rather than standing between the child and the obstacle. Saying, “I can see that you’re scared. I’ll stay with you, and we’ll find a way for you to manage this,” does more to support their independence than saying, “I’ll do it for you so you don’t have to.”
Supporting your child does not mean removing every obstacle from their path. It means providing them with enough security to gradually learn how to overcome those obstacles. And sometimes, the most helpful way to protect them is precisely to allow them to discover, at their own pace, that they are capable of facing what feels difficult to them.
Margaux Gaudin
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