Parents fatigués : comment préserver du temps pour soi sans culpabiliser

Être parent, c’est donner beaucoup de soi, chaque jour. Répondre aux besoins d’un enfant, organiser le quotidien, gérer les imprévus… tout cela peut laisser peu (ou pas) de place pour souffler. La fatigue s’installe parfois sans qu’on s’en rende compte, jusqu’à ce qu’elle devienne permanente. Lorsqu’elle épuise l’énergie, la patience, ou le plaisir d’être en lien avec son enfant, il devient essentiel de l’écouter.

S’autoriser du temps pour soi ne veut pas dire fuir ses responsabilités. Au contraire, c’est une façon de les assumer dans la durée. Pourtant, beaucoup de parents culpabilisent à l’idée de “prendre une pause”. Il est important de rappeler qu’un parent reposé est plus présent, plus patient, plus disponible émotionnellement. Vous avez, vous aussi, des besoins. Et y répondre ne fait pas de vous un parent égoïste, mais un parent équilibré.

Ce temps pour soi ne doit pas forcément être long ni compliqué à organiser. Parfois, ce sont les petits gestes du quotidien qui changent tout. Quelques exemples simples à mettre en place :

  • prendre 5 à 10 minutes pour soi, chaque jour, sans sollicitation (même dans une autre pièce),
  • boire un café ou un thé au calme, sans écran ni interruption,
  • écouter une musique que vous aimez vraiment,
  • pratiquer une respiration consciente ou une courte méditation,
  • marcher quelques minutes dehors, seul(e), même pour une course rapide.

Quand c’est possible, demander du relais est précieux. Cela peut venir de l’autre parent, de la famille, d’amis proches ou de structures extérieures. Déléguer n’est pas un échec, c’est une façon de rester debout. Vous pouvez aussi penser à :

  • alterner les temps de garde avec votre partenaire,
  • organiser une sortie ou une activité pour l’enfant avec quelqu’un de confiance,
  • accepter les coups de main, même modestes, sans vous justifier,
  • limiter les tâches non urgentes les jours où vous êtes trop fatigué(e),
  • créer un “rituel de récupération” en fin de journée (musique, bain, silence, etc.).

Ce qui rend parfois ces pauses difficiles, c’est le regard que l’on porte sur soi, ou celui qu’on imagine chez les autres. La comparaison avec d’autres parents, les réseaux sociaux, les attentes sociales… tout cela peut alimenter une forme de pression invisible. Rappelez-vous que chaque famille a ses réalités, ses ressources, ses fragilités. Et qu’un enfant n’a pas besoin d’un parent parfait, mais d’un parent suffisamment bien, qui sait aussi prendre soin de lui.

Prendre du temps pour soi, ce n’est pas faire moins pour son enfant : c’est faire mieux, dans la durée. En vous respectant, vous lui offrez un modèle précieux : celui d’un adulte qui sait s’écouter, se poser, et préserver son équilibre.

Vous n’avez pas à tout donner pour être un bon parent. Vous avez aussi le droit d’exister pour vous-même.

Marion Bonvarlet

Being a parent means giving a lot of yourself every day. Responding to your child’s needs, managing daily routines, handling unexpected situations… all of this often leaves little (or no) time to breathe. Fatigue can slowly settle in until it becomes constant. When it starts draining your energy, patience, or the joy of being with your child, it’s time to pay attention.

Taking time for yourself doesn’t mean walking away from your responsibilities. On the contrary, it’s a way to stay fully present over time. Still, many parents feel guilty about “taking a break.” It’s important to remember that a rested parent is more patient, more emotionally available, and more present. You, too, have needs. Meeting them doesn’t make you selfish — it helps you stay balanced.

Time for yourself doesn’t need to be long or complicated. Often, it’s the small everyday gestures that make the biggest difference. Here are a few simple ideas to try:

  • Take 5 to 10 minutes each day just for yourself, without interruptions
  • Enjoy a cup of coffee or tea in peace, no screens, no noise
  • Listen to a song you love
  • Try some deep breathing or a short meditation
  • Go for a short walk alone, even just to run an errand

When possible, asking for help is essential. Support can come from your partner, family, close friends, or local services. Delegating is not failing — it’s a way to stay steady. You might consider:

  • Taking turns with your partner to care for the child
  • Organizing playdates or outings with trusted people
  • Accepting help when it’s offered, without needing to explain
  • Letting go of non-urgent tasks when you’re exhausted
  • Creating a small end-of-day ritual to unwind (music, warm shower, silence, etc.)

What often makes it hard to take breaks is the way we judge ourselves — or imagine others are judging us. Comparing yourself to other parents, scrolling social media, trying to meet impossible standards… all this adds invisible pressure. Remember that every family has its own reality, resources, and limits. And that your child doesn’t need a perfect parent — just one who is present, and human.

Taking time for yourself doesn’t mean doing less for your child. It means doing better, for longer. By respecting yourself, you’re giving your child a valuable example: that adults, too, need to rest, reset, and take care of themselves.

You don’t have to give everything to be a good parent. You also have the right to exist for yourself.

Marion Bonvarlet

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