Pourquoi y a-t-il « plus » de TDAH, de TSA, d’enfants HP et neuroatypiques aujourd’hui ?

C’est une question qui revient sans cesse…
Une question parfois sincère, parfois teintée de doute.
Et souvent accompagnée d’une affirmation qui divise :
« Avant, ça n’existait pas. »
Ou encore : « On met des étiquettes à tout le monde. »

Je prends le temps d’y répondre calmement…
Non pour imposer une vision, mais pour éclairer une réalité complexe, trop souvent simplifiée.

Les enfants n’ont pas changé, notre regard oui

Il est fondamental de le dire clairement :
Il n’y a pas soudainement plus d’enfants ayant un TDAH, un TSA ou à haut potentiel.
Il y a surtout plus d’enfants reconnus, compris et identifiés.

Ces enfants existaient déjà.
Ils étaient simplement décrits autrement :
– rêveurs
– turbulents
– difficiles
– hypersensibles
– immatures
– instables
– en décalage

Beaucoup ont grandi sans explication, avec un sentiment diffus de ne jamais être « comme il faut ».

Ce qui a changé, ce n’est pas l’enfant.
C’est la capacité des adultes à mettre du sens sur ce qu’ils observent.

Les avancées scientifiques n’ont rien inventé

La science n’a pas créé le TDAH, le TSA ou le haut potentiel.
Elle a permis de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau et du développement de l’enfant.

Aujourd’hui, on distingue mieux ce qui relève :
– d’un fonctionnement neurologique particulier
– d’un tempérament
– d’une difficulté passagère
– d’un trouble durable

Ce n’est pas une mode.
C’est une lecture plus fine de la réalité humaine.

Un monde finalement moins tolérant aux différences invisibles

Le contexte actuel joue un rôle majeur dans cette impression d’augmentation.

L’école exige :
– de rester concentré longtemps
– d’inhiber ses impulsions
– d’apprendre tôt, vite et de manière parfois standardisée

La société impose :
– une forte stimulation
– du bruit
– les nouvelles technologies et les écrans omniprésents
– un rythme rapide

Les enfants dont le fonctionnement est atypique ne vont pas plus mal qu’avant.
Ils sont simplement plus en décalage avec un système rigide.

Et ce qui devient visible finit par être nommé.

Nommer n’est pas étiqueter

C’est l’un des malentendus les plus fréquents.

Identifier un fonctionnement, ce n’est pas réduire un enfant à un mot.
Ce n’est pas l’enfermer dans une case.

Au contraire…

Nommer permet :
– d’adapter les attentes
– de proposer des aménagements justes
– de diminuer la culpabilité
– d’éviter des sanctions inutiles
– de restaurer l’estime de soi

L’étiquette enferme.
La compréhension libère.

Sans mots, il ne reste que des jugements

Lorsqu’on refuse de nommer les différences, que se passe-t-il ?

L’enfant est interprété à travers le prisme du comportement :
– il ferait exprès
– il ne ferait pas assez d’efforts
– il manquerait de volonté
– il serait mal élevé
– il est immature
– il n’est pas autonome

Sans explication, il n’y a que des reproches.
Sans compréhension, il n’y a que de la pression.

Un diagnostic ne définit pas un enfant.
Il le protège.

Pourquoi cette reconnaissance dérange-t-elle autant ?

Parce qu’elle oblige à regarder une réalité inconfortable :
le système n’est pas adapté à tous les enfants.

Reconnaître les profils neuroatypiques, c’est admettre que :
– l’égalité ne suffit pas
– certains ont besoin d’ajustements spécifiques
– la norme n’est pas universelle

Cela remet en question des certitudes profondément ancrées.

Ces enfants ne demandent pas des privilèges

Les enfants ayant un TDAH, un TSA, HP ou neuroatypiques ne demandent pas de passe-droits.

Ils demandent des conditions leur permettant de fonctionner sans se détruire.

Ils ne cherchent pas à être différents.
Ils le sont déjà.

Ce qu’ils demandent, c’est qu’on cesse de les forcer à rentrer dans un moule qui ne respecte pas leur fonctionnement.

Respecter les avis contraires sans nier la réalité

Oui, certains craignent une surdiagnostication.
Oui, certains estiment qu’on en parle trop.

Ces interrogations existent et méritent d’être entendues.

Mais nier l’utilité de ces reconnaissances, c’est oublier tous ceux qui ont grandi dans l’échec, la honte ou l’incompréhension.

Conclusion : mettre des mots pour mieux accompagner

Il n’y a pas plus d’enfants « à problèmes » qu’avant.
Il y a moins de silence, moins de déni, et un peu plus de conscience.

Nommer, ce n’est pas enfermer.
C’est donner des clés.

Et derrière chaque diagnostic,
il n’y a pas une case,
il y a un enfant qui cherche à être compris.

Margaux Gaudin

This is a question that comes up again and again…
Sometimes sincere, sometimes tinged with doubt.
And often accompanied by a statement that divides opinion:
“Back then, this didn’t exist.”
Or: “We label everyone nowadays.”

I want to take the time to answer calmly…
Not to impose a viewpoint, but to shed light on a complex reality that is too often oversimplified.

Children have not changed — our perspective has

It is important to state this clearly:
There are not suddenly more children with ADHD, ASD, or high intellectual potential.
There are mainly more children who are recognized, understood, and identified.

These children already existed.
They were simply described differently:
– daydreamers
– restless
– difficult
– hypersensitive
– immature
– unstable
– out of sync

Many grew up without explanations, with a vague feeling of never being “quite right.”

What has changed is not the child.
It is adults’ ability to make sense of what they observe.

Scientific advances have not invented these conditions

Science did not create ADHD, ASD, or giftedness.
It has helped us better understand how the brain works and how children develop.

Today, we are better able to distinguish what is related to:
– a particular neurological functioning
– a temperament
– a temporary difficulty
– a long-term condition

This is not a trend.
It is a more precise understanding of human diversity.

A world that is less tolerant of invisible differences

The current environment plays a major role in the impression that these profiles are increasing.

School requires children to:
– stay focused for long periods
– inhibit impulses
– learn early and quickly, often in standardized ways

Society imposes:
– high levels of stimulation
– noise
– omnipresent technology and screens
– a fast pace of life

Children with atypical functioning are not worse off than before.
They are simply more out of sync with a rigid system.

And what becomes visible eventually gets named.

Naming is not labeling

This is one of the most common misunderstandings.

Identifying a way of functioning is not reducing a child to a word.
It is not putting them in a box.

On the contrary…

Naming makes it possible to:
– adapt expectations
– provide appropriate accommodations
– reduce guilt
– avoid unnecessary punishment
– restore self-esteem

Labels confine.
Understanding liberates.

Without words, only judgment remains

When differences are not acknowledged, what happens?

The child is interpreted only through behavior:
– they do it on purpose
– they don’t try hard enough
– they lack motivation
– they are poorly raised
– they are immature
– they are not independent

Without explanation, there are only reproaches.
Without understanding, there is only pressure.

A diagnosis does not define a child.
It protects them.

Why does this recognition disturb people so much?

Because it forces us to face an uncomfortable reality:
the system is not suited to all children.

Recognizing neurodivergent profiles means acknowledging that:
– equality alone is not enough
– some children need specific adjustments
– the norm is not universal

This challenges deeply rooted beliefs.

These children are not asking for privileges

Children with ADHD, ASD, giftedness, or other neurodivergent profiles are not asking for special treatment.

They are asking for conditions that allow them to function without harming themselves.

They are not trying to be different.
They already are.

What they are asking is that we stop forcing them into a mold that does not respect how they function.

Respecting different opinions without denying reality

Yes, some people worry about overdiagnosis.
Yes, some feel that these topics are discussed too much.

These concerns exist and deserve to be heard.

But denying the value of recognition means forgetting all those who grew up with failure, shame, or misunderstanding.

Conclusion: putting words into place to support children better

There are not more “problem children” than before.
There is less silence, less denial, and a little more awareness.

Naming is not confining.
It provides understanding.

And behind every diagnosis,
there is not a box,
there is a child trying to be understood.

Margaux Gaudin

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