Régressions du sommeil

Les régressions du sommeil sont des périodes fréquentes et souvent éprouvantes pour les parents de jeunes enfants. Un bébé ou un tout-petit qui dormait relativement bien peut soudainement se réveiller plus souvent la nuit, refuser la sieste ou avoir besoin d’une présence accrue pour s’endormir. Ces changements, parfois soudains, sont généralement temporaires et liés au développement global de l’enfant.

Une régression du sommeil correspond souvent à une grande étape de maturation. Le développement moteur, cognitif, émotionnel ou langagier mobilise beaucoup d’énergie et peut perturber les rythmes de sommeil. Apprendre à se retourner, ramper, marcher, parler ou même comprendre la séparation sont autant de bouleversements qui peuvent se manifester la nuit.

Certaines périodes sont particulièrement connues pour ces régressions, notamment autour de 4 mois, 8–9 mois, 12 mois, 18 mois et parfois vers 2 ans. Cependant, chaque enfant est unique et ces phases ne suivent pas toujours un calendrier précis. Un changement de routine, une entrée en collectivité, une maladie, une poussée dentaire ou une période d’angoisse de séparation peuvent également fragiliser le sommeil.

Durant ces phases, l’enfant a souvent besoin de plus de sécurité. Les réveils nocturnes peuvent être liés à une difficulté à se rendormir seul ou à un besoin accru de réassurance. Il est important de rappeler que répondre à ces besoins ne « crée pas de mauvaises habitudes », mais soutient le sentiment de sécurité affective.

Pour accompagner une régression du sommeil, la stabilité est une alliée précieuse. Maintenir des repères clairshoraires cohérents, rituel du coucher rassurant, environnement calme — aide l’enfant à retrouver progressivement un sommeil plus apaisé. Le rituel du coucher peut être légèrement renforcé, sans pour autant devenir trop long ou stimulant.

Observer les signes de fatigue est également essentiel. Un enfant trop fatigué aura souvent plus de mal à s’endormir et à enchaîner ses cycles de sommeil. Ajuster les temps d’éveil et les siestes peut parfois suffire à améliorer la situation.

Il est aussi important de prendre soin des parents. Le manque de sommeil fragilise et peut générer de l’inquiétude ou de la culpabilité. Se rappeler que ces périodes sont transitoires et demander du soutien — à l’autre parent, à un proche ou à un professionnel — peut faire toute la différence.

Les régressions du sommeil ne sont pas un échec éducatif, mais le reflet d’un enfant en plein développement. Avec de la patience, de la cohérence et de la bienveillance, le sommeil retrouve peu à peu son équilibre, au rythme de chaque enfant et de chaque famille.

Marion Bonvarlet

Sleep regressions are common and often challenging periods for parents of young children. A baby or toddler who was previously sleeping fairly well may suddenly wake more frequently during the night, refuse naps, or need increased presence to fall asleep. These changes, sometimes sudden, are generally temporary and linked to the child’s overall development.

A sleep regression often coincides with a major developmental milestone. Motor, cognitive, emotional, or language development requires a great deal of energy and can disrupt sleep rhythms. Learning to roll over, crawl, walk, talk, or even understand separation are major changes that can show up at night.

Certain periods are particularly well known for these regressions, especially around 4 months, 8–9 months, 12 months, 18 months, and sometimes around 2 years. However, every child is unique, and these phases do not always follow a precise timeline. A change in routine, starting childcare, illness, teething, or a period of separation anxiety can also affect sleep.

During these phases, children often need more security. Night wakings may be linked to difficulty falling back asleep independently or an increased need for reassurance. It is important to remember that responding to these needs does not “create bad habits”, but rather supports a sense of emotional security.

To support a sleep regression, stability is a valuable ally. Maintaining clear, consistent cuespredictable schedules, a reassuring bedtime routine, and a calm environment — helps children gradually return to more settled sleep. The bedtime routine can be slightly reinforced, without becoming too long or overly stimulating.

Observing signs of tiredness is also essential. An overtired child will often struggle more to fall asleep and to connect sleep cycles. Adjusting wake windows and naps can sometimes be enough to improve the situation.

It is equally important to take care of parents. Sleep deprivation is draining and can lead to worry or guilt. Remembering that these phases are temporary and asking for support — from a partner, a loved one, or a professional — can make all the difference.

Sleep regressions are not an educational failure, but rather a reflection of a child in active development. With patience, consistency, and kindness, sleep gradually finds its balance again, at the pace of each child and each family.

Marion Bonvarlet

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