Avant même de parler ou d’écrire, l’enfant découvre le monde avec son corps. Cette découverte se fait à travers les mouvements, les sensations, les interactions avec l’environnement… et surtout, grâce à la construction progressive du schéma corporel.
Mais qu’est-ce que le schéma corporel ? Il s’agit de la représentation que chacun a de son propre corps, dans sa globalité, ses parties, son organisation et ses possibilités d’action. Ce n’est pas une image mentale figée, mais une connaissance vivante, sensorielle et motrice de soi-même, qui évolue avec l’âge, l’expérience et les apprentissages.
Chez le tout-petit, cette construction débute très tôt. Le nourrisson commence par ressentir des sensations internes (tonus, contact, chaud/froid, appuis), puis découvre petit à petit ses membres : il touche sa main, saisit son pied, explore sa bouche. Ces premières expériences sont les fondations du schéma corporel. À travers le jeu, la motricité libre, le portage ou les soins quotidiens, l’enfant accumule des repères : « ce bras est à moi », « je peux me déplacer », « je prends de la place », « je sens que je suis là. »
Avec la marche, puis le langage, la conscience corporelle se précise. L’enfant commence à nommer les parties de son corps, à les situer, puis à les utiliser volontairement dans des gestes coordonnés. Vers 5-6 ans, il devient capable de se représenter son corps même sans le voir, ce qui est indispensable pour des tâches comme le dessin, l’écriture, ou la gymnastique. Plus tard, cette base servira à construire l’image du corps, plus symbolique et affective.
Un schéma corporel bien construit permet à l’enfant de se sentir stable, organisé, présent dans son corps. Cela soutient non seulement la motricité, mais aussi l’attention, l’orientation dans l’espace, la régulation émotionnelle et l’estime de soi. À l’inverse, un schéma corporel flou ou mal intégré peut générer de la maladresse, un inconfort corporel, des difficultés à se repérer dans l’espace ou à gérer les émotions.
En tant que professionnels ou parents, il est précieux d’offrir à l’enfant des occasions variées d’expérimenter corporellement : bouger librement, grimper, danser, se faire masser, jouer à des jeux de repérage corporel, se déguiser, se regarder dans un miroir, ou simplement se poser sur un coussin en conscience. Le corps est le premier terrain d’exploration de l’enfant : veillons à lui en donner la liberté… et la sécurité.
Marion Bonvarlet

Even before they can speak or write, children explore the world through their bodies. This discovery happens through movement, sensation, interactions with their surroundings… and most importantly, through the progressive development of the body schema.
But what exactly is the body schema? It’s the internal representation we have of our own body—its entirety, its parts, its organization, and its possibilities for action. It isn’t a fixed mental image, but a living, sensory, and motor-based awareness of oneself that evolves with age, experience, and learning.
For very young children, this construction begins early. Infants start by feeling internal sensations (muscle tone, contact, warmth/cold, pressure), and gradually begin to discover their limbs: they touch their hands, grab their feet, explore their mouths. These first experiences lay the foundation for the body schema. Through play, free movement, being held, or everyday care routines, the child builds up references: “this arm is mine,” “I can move,” “I take up space,” “I feel that I exist.”
As walking and speech develop, body awareness becomes more refined. Children begin to name the parts of their bodies, locate them, and then use them intentionally in coordinated gestures. Around age 5 or 6, they become able to mentally represent their bodies even without seeing them, which is essential for tasks like drawing, writing, or sports. Later, this foundation supports the development of the body image, which is more symbolic and emotional.
A well-developed body schema helps children feel stable, organized, and present in their bodies. It supports not only movement, but also attention, spatial orientation, emotional regulation, and self-esteem. Conversely, a poorly integrated or vague body schema can lead to clumsiness, discomfort, difficulties with spatial awareness, or emotional imbalance.
As professionals or parents, it’s valuable to provide children with a wide range of bodily experiences: moving freely, climbing, dancing, receiving massages, playing body-awareness games, dressing up, looking in the mirror, or simply relaxing mindfully on a cushion. The body is a child’s first playground—let’s give them both the freedom and security to explore it fully.
Marion Bonvarlet
LIVE PSYCHOMOT
Articles sur le développement psychomoteur